Finance responsable : quelle responsabilité pour les acteurs des marchés financiers

Le 17 juin 2026, la Présidente et Co-fondatrice de Blufin, Jana Todorovic, PhD, a eu l’honneur de présenter les problématiques et résultats clés de sa recherche à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes CESGA de la Société Française des Analystes Financiers (SFAF).

Diplômée du CESGA en 2024 et docteure en droit international et finance durable, elle est revenue sur les conclusions de sa thèse, consacrée à la responsabilité des acteurs des marchés financiers en matière de droits humains et de protection de l’environnement.

 

Un constat urgent : l’interdépendance entre finance et enjeux sociétaux

Les crises environnementales et sociales s’aggravent : effondrement de la biodiversité, multiplication des catastrophes climatiques, précarisation croissante et persistance du travail forcé sont autant de signes tangibles de l’urgence à agir. Pourtant, pendant des décennies, la finance a considéré ces enjeux comme extérieurs à sa mission première. Aujourd’hui, cette vision est obsolète : l’extra-financier est devenu un prisme indispensable pour évaluer les risques et les opportunités à long terme. Mieux encore, la finance peut jouer un rôle transformateur en orientant les capitaux vers des activités durables.

 

Un cadre réglementaire en pleine évolution… mais encore incomplet

Sous l’impulsion de l’Union européenne, un arsenal normatif ambitieux a émergé ces dernières années : SFDR, Taxonomie européenne, CSRD. Ces textes ont révolutionné les pratiques du secteur, en renforçant la transparence et en offrant des cadres pour évaluer la durabilité des activités économiques.

Pourtant, comme le souligne la recherche de Jana Todorovic, trois limites majeures persistent :

  1. Le « piège de la transparence » : Les réglementations imposent de mesurer et publier les impacts négatifs des investissements, mais sans toujours exiger des seuils de réduction ou des objectifs contraignants. Résultat : un inventaire des préjudices… sans engagement concret de prévention.
  2. La complexité du cadre réglementaire : Si les normes ont structuré la finance durable, leur interprétation reste ardue, laissant une marge d’appréciation aux acteurs. Cette sophistication peut freiner leur adoption et générer des incertitudes sur les marchés.
  3. Un biais vers le mesurable : Les critères facilement quantifiables (comme les émissions de CO₂) captent l’attention, au détriment d’enjeux tout aussi critiques mais moins tangibles, comme la biodiversité ou certaines dimensions sociales.

Vers une finance responsable et impactante

Malgré ces défis, la dynamique est irréversible. Les normes internationales et européennes ont déjà transformé en profondeur la gestion des risques, des opportunités et des portefeuilles. La finance responsable n’est plus une option, mais un levier de changement. Son prochain défi ? Dépasser la simple transparence pour générer un impact réel et mesurable — environnemental comme social.

 

Lien vers l’article de la SFAF : https://www.sfaf.com/les-actualites-et-publications/actualite/999/intelligence-artificielle-et-finance-durable-au-coeur-de-la-remise-des-diplomes-de-lacademie-sfaf

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